Le rideau finit toujours par se lever sur la vérité un jour ou l'autre.
J'ai eu l'occasion ce soir de souper en compagnie d'un mec rencontré sur un réseau de discussion. Ma gueule lui semblait familière, mais il n'arrivait pas à me replacer. Jusqu'à ce soir : il m'a vu sur un cliché de l'appareil photo de ma dernière fréquentation.
Certains de mes amis connaissent l'expression "avoir un trou en commun". Dans ce cas-ci, on a carrément un trou du cul en commun. Nous nous sommes tous deux faits charrier pendant deux-trois mois par le même mec, se faisant mutuellement chanter être le sujet d'une fréquentation exclusive et prometteuse, jusqu'à partager le même lit la même journée, la même serviette de bain, le même casier à lentilles.
Aujourd'hui, je tourne la page sur une phase franchement dégueulasse de ma vie.
Merci ami virtuel.
Va chier Kakow.
J'ai décidé hier de jouer la carte de la franchise.
Eviter de créer des attentes, les rebounds ne sont bons pour personne.
C'est un sentiment qui me rend plus humain. C'est bien
Citizen > Perso, j'ai bien l'intention d'essayer au moins une fois avec l'autre team, question de savoir de quoi je parle.
Collègue > C'est une bonne idée, peut-être que tu vas te rendre compte de ce que TU manques, LOL!
Citizen > Tu sauras qu'une fois que t'as goûté au dessert, le plat principal ne doit plus être aussi bon !
Je discutais avec une vieille connaissance. Circonstances, nous avons tous deux entretenus une relation longue avec le même mec.
- En fait, tu m'as jamais dit si vous étiez revenus ensemble toi et J.
- Ah... Ouais, en fait on avait repris, mais là, c'est bien terminé depuis au moins trois semaines. Reprendre pour finir encore seul. Le vrai cliché pathétique gay quoi !
Ah bon ? Et si on voyait ça sous un autre angle ? Les gens changent, ou ont la volonté de changer. Pour certains du moins. Et si on y croyait ? Est-ce à tort que l'on peut tenter la chance de reprendre une histoire, non pas du début, mais à un chapître ? Dans une société et une époque influencée par une mode de surconsommation, de use-and-throw it away, serait-ce pathétique ?
Dark > Je pense que je me suis collé du sirop d'érable sur le bras, je colle sur le bureau. Surprenant n'est-ce pas ?
Citizen > Ca dépend... si c'est juste le bras, c'pas pire... si la bouche te collait au bureau, ça, ça serait pas chic
La vie me semble déjà différente.
Est-ce ça qu'on appelle l'évolution ?
L'ignorance est une saveur qui me répugne, mais j'arborerai cette même apparence.
La vie n'est qu'un champ de bataille, je ne ferai pas partie des troupes qui se retirent. De celles qui se terrent le temps de se construire de nouvelles bases solides, mais aussi celles qui brilleront de tous feux lorsque la vérité sera acclamée. Cracher en l'air et récolter sa salive en plein visage.
Parce que j'ai mes raisons de croire.
Et j'ai évolué.
Et je m'en fous.
La vie est une série de je-m'en-foutisme.
C'est vrai ça ?
Je m'étais promis un 30 ans évolutif. Allons-y.
Parce que la passion m'a consumé et réduit en cendres à de trop nombreuses reprises;
Parce que l'indifférence ronge ce qui reste de bon de mon intérieur;
Parce que;
J'ai scindé le mince filet qui me retenait.
Il s'appelait respect.
Il s'appelait honnêteté.
Il portait les habits de l'espoir;
Il s'appelle désormais passé.
Espoir.
Une copine à la maison.
Quelques verres, des centaines de coups de rouleau.
"Me semble que ça me tente pas d'avoir comme base que tout homme est foncièrement mauvais jusqu'à preuve du contraire."
Je me retourne et considère sa réflexion. Deux cœurs blessés qui crachent la couleur sur les murs.
"Ouais, j'suis d'accord. En même temps, tu penses pas que c'est un moyen naturel d'auto-défense ?"
Mes lèvres ne se souviennent plus du goût des tiennes;
Ma main ne chante plus les louanges de ton dos frémissant;
La chaleur de nos corps enserrés sous l'édredon, disparue;
À croire que mon corps t'a oublié...
Mais le souvenir d'une relation à tes mots dits ne s'est pas volatilisé;
Il a seulement éclaté en milliers de fragments pointus le jour où tu as décidé de changer le blason de ton porte-étendard;
Mon cœur s'en souvient;
Mais tu t'en fous;
Je te l'ai toujours dit que c'était toi qui me laisserais
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